Plaisance, bastide comtale

 

  Le territoire de Ribaute (gascon signifiant: Rive-Haute en français ou Ripa Alta en latin) avec sa motte castrale et son hameau, que l'on peut considérer comme le Plaisance primitif, était situé sur la rive gauche de l'Arros à proximité d'un gué. Il appartenait au seigneur Jean de Ribaute de La Devèze. L'église du petit village, Sainte-Quitterie de Ribaute était sous le patronage des chanoines Prémontrés de l'Abbaye de La Case Dieu (Casa Dei) depuis le début du XIIème siècle. Ces derniers, souhaitant établir un foyer de population sur ces terres qu'ils jugeaient propices, achetèrent donc en 1299 ce territoire au seigneur de La Devèze. Le pays de Rivière-Basse et donc Plaisance entre dans le comté d'Armagnac en 1306.

    Au printemps 1322*, suite au paréage (contrat) bipartite entre l'abbé prémontré de La Case Dieu Vital de la Garde et le comte Jean Ier d'Armagnac, fut planté le pal (mât) au centre de la place de la ville nouvelle, à proximité immédiate de l'Arros. Le comte d'Armagnac, alors indépendant de la Couronne, bâtit cette bastide pour tenir tête aux deux bastides royales voisines récemment créées: Beaumarchès (1288) et Marciac 10 ans plus tard. La bastide originelle fut d'ailleurs un temps baptisée "bastide d'Armagnac" avant de prendre le nom d'une ville prestigieuse (Piasenza) comme de nombreuses autres cités gasconnes (Barcelonne, Fleurance, Miélan, Cologne...).

Sa superficie était d'environ 8 ha (voir ci-dessous en rouge).

*le paréage fut établi le jour de la fête de sainte Julienne (16 février).

   La partie Nord-Est de l'enceinte initiale longeait le ruisseau des Péjous appelé aussi "fossé vieux" emprunté plus tard par le canal de Cassagnac.

 Ravagée par deux fois durant la Guerre de Cent-Ans (1337 et surtout 1355), la bastide renaîtra de ses cendres mais avec une superficie divisée par quatre, beaucoup plus conforme au potentiel démographique de l'époque et surtout plus facile à défendre (enceinte en mauve sur la photo ci-contre).


   Après deux siècles de paix, les guerres de Religion viennent à nouveau affaiblir la petite cité qui se voit attaquée par les troupes protestantes de Jeanne d'Albret, mère d'Henri IV. Les huguenots béarnais avaient établi garnison à Castelnau et pillèrent la Rivière-Basse catholique, Plaisance notamment, durant l'année 1569. Sous le règne de Louis XIV, l'année 1653 fut aussi une année noire avec la terrible épidémie de peste qui frappa la Gascogne et où Plaisance perdit plus de 15 % de sa population.

Sur la carte de Cassini, ci-contre, on peut remarquer que la bastide, bien qu'accolée, est distincte du quartier de Ribaute au sud. Le moulin seigneurial ou banal est bien présent sur le canal de Rousset, rive gauche de l'Arros. 

Nous sommes en 1770 et le quartier des Péjoux ou Péjous (quartier de la maison de retraite aujourd'hui) est encore un petit hameau indépendant.


Le premier blason de la ville est constitué des deux agneaux et du chien.

A gauche:

Armorial général de France, Charles d'Hozier (édit de 1696).

A droite, la version moderne:

 


La porte Saint-Nicolas

Ci-dessous un croquis évoquant le Plaisance médiéval avec :

- les remparts sur trois côtés, l'Arros protégeant le quatrième,

      - la chapelle Saint-Nicolas,

      - la halle sur la Grand-Place,

      - les deux portes et le fossé qui ceinturait la ville.

 

Nota: la porte de l'ancienne église Saint-Nicolas est aujourd'hui utilisée comme porte d'entrée de la mairie de Plaisance (entrée Est côté Arros).


 Extra muros on trouvait :

       - le moulin du vieux Plaisance,

       - l'église paroissiale Sainte-Quitterie,

       - le vieil ospitàu, futur hôpital Sainte-Croix avec sa chapelle,

       - quelques maisons isolées,

       - le pont de bois qui enjambe l'Arros au niveau du gué. Il ne sera déplacé que plus tard.

 

On peut noter l'emplacement du Plaisance originel "Ribaute".

 

       A côté du pont de bois, se trouvait un gué qui permettait d'atteindre la rive droite.

Dessin ou croquis de la bastide de Plaisance du Gers à la fin du moyen âge