Les minoteries "Granier de Cassagnac"

à Plaisance-du-Gers

Plan de situation (centre de Plaisance-du-Gers) 

  L'ouverture de la gare de Castelnau en 1859,  la création du canal de Cassagnac en 1861 couplée avec  l'édification des  deux moulins du même nom à partir de 1862 vont renforcer l'activité minotière de Plaisance. Doté de terres fertiles, le bourg va pouvoir exporter sa farine vers la Bigorre. Tarbes, Bagnères et la ville de Lourdes sont fortement demandeuses notamment depuis  les apparitions mariales (1858). Les minoteries "Cassagnac" formeront le premier complexe industriel de la petite ville alors en plein essor.  

Le Grand Moulin achevé en 1863

(façade ouest et canal d'amenée)


L'aile sud du moulin accueillait les écuries au rez-de-chaussée.

   Imposé en 1866, le Grand Moulin, outre la meunerie, permettait  le stockage du blé et de la farine, donc le négoce. Ce moulin était pourvu de six voies d'eau à l'origine pour six paires de meules et développait une puissance moyenne de 50 ch environ.  Les cylindres viennent remplacer les meules en 1907-1908. A la fin des années 1950, une seule voie d'eau est conservée mais élargie pour accueillir une turbine à axe horizontal qui est encore en place aujourd'hui. La bâtiment est bâti en "L"  sur trois niveaux. Les étages de l'aile sud, de construction plus tardive, étaient destinés au stockage.


Ce deuxième moulin (photo ci-dessus) imposé en 1867 se nommait aussi moulin de Lalanne du nom du lieu dit de son implantation ou moulin de de Monplaisir. Il fut administré par la suite par les associés Vivès & Brescon (voir ci-contre).

 

Le Petit Moulin, de puissance moindre et situé quelques centaines de mètres en amont sur le canal de Cassagnac, était destiné à la fabrication à façon et les particuliers pouvaient venir y faire moudre leur blé dès 1864.

Moulin de Plaisance du Gers

  Au tournant du XXème siècle, le garde-canal était Célestin Bacqué et le meunier, son gendre, Pierre Rouquet originaire de Haute-Garonne.

      Bernard Adolphe Granier de Cassagnac, très proche de Napoléon III, sera à l'origine de ces investissements massifs et deviendra logiquement maire de Plaisance en 1865.

Bernard Adolphe Granier de Cassagnac (1806-1880)


 

Ci-dessus, la plaque apposée sur la façade du Grand-Moulin le jour de l'inauguration. Il y est inscrit :

 

 

" En exécution d'un décret de l'empereur NAPOLEON III

 donné à Plombières le 7 juillet 1856,

 M. ADOLPHE GRANIER dE CASSAGNAC

 Député de l'arrondissement de Mirande au Corps Législatif,

 a creusé le canal de Plaisance.

 Les eaux sont arrivées ici

 le 11 mai 1861

 En présence de M. le Vicomte de Gauville, Préfet du Gers

 et des populations empressées et reconnaissantes."

 

   Ci-dessous, une photo du Grand Moulin au début du XXème siècle, époque à laquelle l'Alsacien Auguste Haas était à la tête de la minoterie. Les minoteries ont connu plusieurs propriétaires ou gérants : M. Fort, M. Haas, M. Duviau, la famille Zucca entre autres.  

Minoterie grand moulin Cassagnac Plaisance du Gers Eugène Haas

    Aujourd'hui malheureusement, le Petit Moulin a disparu, "englouti" dans la conserverie Co-Per à l'époque puis Panzani et enfin friche industrielle depuis le démantèlement de l'usine en 1998.

 

Le Grand Moulin, lui, accueille une facture d'orgue et un futur musée, "la Cité de l'orgue" est en projet.

  Ci-contre, un vieux fourgon Citroën "Coper" de la caravane publicitaire sur le Tour de France.